La compatibilité de la technologie et de la préservation de l’environnement a toujours suscité de vifs débats tout au long de l’Histoire. Parmi les technologies les plus développées, l’informatique est peut-être celle qui évolue le plus rapidement. Son impact sur l’environnement n’est cependant pas bien connu. Sur la question de l’énergie en particulier, l’informatique fait partie des domaines qui consomment le plus d’électricité dans le monde depuis plusieurs décennies. Cela s’explique non seulement par son développement dans tous les secteurs du monde professionnel mais aussi par sa généralisation dans les foyers. En effet, depuis 1975, les entreprises investissent de plus en plus dans l’acquisition de matériels informatiques (serveurs, stations de travail, imprimantes, etc.) tandis que les particuliers adoptent aussi les PC pour un usage personnel ou familial. La course à la performance vient aussi aggraver la situation car elle implique en général une hausse de la demande en énergie. Tout cela a un impact non négligeable sur la consommation d’énergie mondiale et donc dans la production de dioxyde de carbone, responsable de l’effet de serre.
Par ailleurs, le développement rapide des Tic accélère également l’obsolescence des anciens modèles de machines qui se rajoutent très vite aux déchets encombrants. Le problème épineux du stockage et du recyclage de ces déchets électroniques et leurs différents composants se pose alors. Ces déchets particuliers comportent en effet des matériaux toxiques et polluants qui, de surcroît, ne sont pas biodégradables. On peut par exemple citer les métaux lourds tels que le palladium et le cadmium ainsi que d’autres matériaux tels que le plastique et le cuivre qu’on retrouve dans les cartes mères, le Ram, le disque dur, etc.
Pour faire face à cette situation, diverses solutions sont déjà proposées par les professionnels du secteur. Ainsi, les industriels s’efforcent depuis quelques années de fournir des technologies et des matériels dont le rapport performance/consommation d’énergie a été repensé. On peut par exemple parler des écrans Lcd qui consomment moins d’énergie que les anciens écrans cathodiques et qui sont, de plus, moins encombrants ou encore des processeurs multi-cores qui ont été privilégiés au détriment de l’augmentation de la fréquence d’horloge, plus coûteuse en énergie. En outre, la virtualisation des systèmes permet de réduire le nombre de serveurs utilisés tout en optimisant leur utilisation. Ainsi, même si la consommation d’énergie des appareils informatiques doit encore s’accroître d’ici les prochaines années, le futur problème des déchets électroniques engendrés par des matériels supplémentaires est significativement atténué.
Deux directives européennes, transposées en droit français, sont en vigueur pour limiter l’augmentation progressive des déchets électroniques et de leur impact environnemental. Il s’agit de la RoHS ou Restriction of Hazardous Substances et de la directive Deee relative aux Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques, appliquées depuis novembre 2006. La RoHS favorise l’éco-conception en obligeant par exemple les constructeurs à limiter le taux de produits dangereux (plomb, cadmium, etc.) dans les matériaux utilisés pour les revêtements des unités centrales, des écrans ou d’autres composants de l’ordinateur. La directive Deee concerne, quant à elle, l’organisation de la collecte et du recyclage des déchets électroniques. Les constructeurs sont mis à contribution : ils doivent déclarer la mise sur le marché d’équipements électriques et électroniques et faire un rapport sur les quantités de Deee qu’ils ont collectées et recyclées. Par ailleurs, une loi amendée dans les Nouvelles Régulations économiques impose aux sociétés cotées de communiquer aux autorités le degré de pollution et les produits polluants qu’ils utilisent.
Le mouvement Green IT ou « informatique écologique » tend ainsi à se généraliser. Il implique bien sûr les fabricants de matériels informatiques dans la conception de produits recyclables et de faible consommation, mais sensibilise également les particuliers à adopter des comportements éco-responsables. Ainsi, les constructeurs s’impliquent davantage dans la collecte et le recyclage des produits électroniques arrivés en fin de vie et des matières premières contenues dans les déchets électroniques (argent, or, palladium, etc.). Quant au grand public, il est plus réceptif aux messages de protection de l’environnement, notamment en ce qui concerne le recyclage des matériels informatiques. De plus en plus de particuliers donnent ainsi leur vieux PC aux associations telles qu’Emmaüs au lieu de s’en débarrasser dans les déchetteries. Les consommateurs sont aussi encouragés à exploiter les mécanismes d’économie d’énergie de leur PC, en activant par exemple la mise en veille, et à ne pas oublier de débrancher des appareils électroniques non utilisés du secteur.
L’informatique peut avoir des impacts considérables sur l’environnement. L’augmentation de la consommation d’énergie et la multiplication des Deee en sont les principales preuves. Paradoxalement, c’est aussi le développement des nouvelles technologies qui peut aider à résoudre le problème. La sensibilisation à adopter des comportements éco-responsables et l’application des lois et des directives contre la pollution due aux Deee sont aussi d’une importance capitale.
réduire les recherches sur les moteurs de recherche et préférer les barres de favoris. C’est une économie d’énergie en plus même si elle ne le parait pas.